arton9362Résumé

Lennie a perdu sa soeur.

Bailey avait dix-neuf ans et toute la vie devant elle. Mais son coeur s'est arrêté. Comme ça. De quoi faire voler un monde entier en éclats. D'autant plus que Lennie considère avoir la trempe d'un "poney de compagnie" de ceux qui gravitent autour des pur-sangs mais qui n'attirent jamais la lumière. Et il lui faut tout réapprendre. Devenir fille unique, devenir elle-même, s'affirmer. Son deuil, elle pense ne pouvoir le partager avec personne. Pas même avec sa grand-mère fantasque, Manou, qui les a élevées toutes les deux depuis que leur aventurière de mère a pris le large. Seul Toby, le petit-ami de sa soeur, parvient à creuser un trou dans sa coquille. L'intensité de leur chagrin commun les pousse irrésistiblement l'un vers l'autre, de quoi déclencher en elle des torrents de culpabilité. Mais voilà que débarque un petit nouveau dans l'orchestre, Joe Fontaine, lumineux et plein de vie...

" Le deuil est comme une maison où les chaises auraient oublié comment nous porter, les miroirs comment nous réfléchir, les murs comment nous soutenir. Le deuil est comme une maison qui disparaît chaque fois qu'on frappe à la porte ou qu'on presse la sonnette. Une maison qui se volatilise dès le premier souffle de vent et s'enfouit en profondeur sous la terre pendant que tout le monde dort. Le deuil est comme une maison où nul ne peut vous protéger, où la plus jeune des deux soeurs deviendra plus vieille que son aînée, où les portes ne vous laissent plus ni entrer ni sortir."

Mon avis

Bon, bon, bon... j'ai mis trois semaines à lire ce roman. Impossible de fixer mon attention dessus. Je l'ai trouvé touchant, pourtant, poétique parfois, mais lent. Très très lent. On nous avait pourtant annoncé "l'histoire d'amour de l'année" sur la jaquette du livre. Difficile d'adhérer à ça. Sauf si l'on est partisan de cet amour un peu mièvre et naïf qui vous fait dire ou écrire dans des poèmes enflammés : "tu m'appartiens à tout jamais" Ce que j'ai par contre vraiment apprécié, ce sont les petits fragments de poèmes parsemés au gré du roman. Justes, bien écrits, très émouvants, ce sont des petites bulles de chagrin et d'espoir qui m'ont beaucoup touchées.

"Quand je suis avec lui, il y a quelqu'un avec moi dans ma maison du deuil, quelqu'un qui connaît son architecture aussi bien que moi, capable d'y errer avec moi d'une pièce triste à l'autre, si bien que la structure oscillante de vent et de vide n'est plus aussi effrayante et solitaire qu'avant."

Oui, mais... mais l'auteur aurait facilement pu retirer cent pages à son roman, mais j'en ai même lu quelques unes en diagonale (ce que je ne fais pourtant jamais, par peur de rater un truc, le truc) mais tout est finalement assez prévisible, mais parfois, j'avais envie de donner une bonne paire de claques à notre héroïne en constant état d'auto-flagellation...

Pour un roman sur le deuil, je trouve que celui-là est mineur. Pas déplaisant à lire pour autant, si l'on s'accroche, il ne m'a cependant apportée que peu de choses une fois refermé. Et j'aime être secouée par une lecture, quitte même à ce que ça me fasse mal. Avec un tel sujet, celui-ci, trop lisse, n'a pourtant presque rien bougé en moi.... Dommage.