birth_marked_rebelle_5768_450_450Résumé

Gaia Stone vit à Warfton, dans le Secteur Ouest 3, à l'extérieur du mur. Dans des conditions extrêmement précaires. Tous les mois, chaque sage-femme doit remettre trois nouveaux-nés à l'Enclave, de l'autre côté du mur, dans le but de contribuer à leur diversification génétique et de palier à la stérilité de nombreuses femmes. Mais un soir, les parents de Gaia sont arrêtés, emprisonnés, et accusés de crime contre l'Enclave. Dans un premier temps, Gaia reprend sa vie de sage-femme, en attendant leur retour, mais elle se voit bientôt confier un étrange ruban, dont le code pourrait bien être le registre des naissances que tient tant à récupérer l'Enclave. Dès lors, la décision de Gaia est prise : elle ira à la recherche de ses parents, quoi qu'il lui en coûte.

Mon avis

Après le bien fade Promise, Birth Marked, passionnant roman de dystopie, m'a réellement enchantée. Intrigue intelligente, originalité, rebondissements, tout y est. Nous sommes dans les années 2400 mais la société dans laquelle vit Gaia est une société dépourvue de toute technologie ultra-moderne. Au contraire, leur mode de vie est extrêmement rudimentaire, quasi-médiéval, des vêtements à l'approvisionnement en eau, car les bouleversements climatiques des décennies précédentes ont engendré un épuisement des ressources, une pénurie d'energie - désormais exclusivement réservée à l'élite de la population, à l'intérieur de l'Enclave. Parlons de l'Enclave, justement : là où je reprochais à Promise d'être trop flou, Birthmarked propose un environnement riche, fouillé, maîtrisé et des personnages très attachants que l'on a envie de suivre, pour lesquels et avec lesquels on tremble. Gaia, au départ, a pourtant tout d'une "anti-héroïne" et c'est ce qui rend son cheminement aussi intéressant : considérée par les autres comme un monstre à cause de la cicatrice qui lui mange une partie du visage, elle a de fait très peu confiance en elle, mais garde, ancré, un très fort sentiment du devoir à accomplir, notamment envers l'Enclave, dont elle n'a jamais remis en cause les méthodes. Sa propre mère leur a donné ses deux frères aînés et l'Enclave ne leur a-t-elle pas offert une vie meilleure, loin de la pauvreté, de la lutte incessante du quotidien ? Progressivement, Gaia va montrer détermination, force, courage et remettre en question tout ce qu'elle croyait juste, tout ce qu'elle pensait savoir, sur l'Enclave et sur ses parents. Et cela ne se fera ni sans pertes, ni sans douleur.

Bien sûr le roman a son histoire d'amour, et celle-ci se révèle hésitante, un peu maladroite et fragile, et c'est ce qui la rend très belle et très touchante, car pas forcément évidente au départ. Et le personnage de Léon, le fils rejeté du Protecteur, est un très beau personnage. Je ne dirais rien de la fin, si ce n'est qu'elle m'a donnée une envie irrépressible de faire un saut dans le temps, pour mettre la main sur la suite de cette histoire, qui ne ressemble à aucune de celles que j'ai lu récemment... et c'est exactement ce que j'en attendais.