tueurRésumé

L'histoire commence par une vieille photo de classe, enfermée depuis longtemps dans une boîte à chaussures, et cachée tout au fond d'une armoire. Ruth y découvre l'image de sa mère, Marie-Eve, décédée quatre ans plus tôt d'une rupture d'anévrisme, et celle de sa soeur jumelle, la lumineuse Eve-Marie, qui l'éclipse d'un sourire. D'ailleurs c'est elle, et non sa mère, qui tient la main de Martin Cassel, le père de Ruth, et celle-ci a le sentiment que quelque chose lui échappe. Encouragée par sa meilleure amie, elle publie la photo sur le site perduedevue.com, sous l'identité de son père, et inverse volontairement le nom des deux jumelles, dans l'espoir d'obtenir des réactions. Celles-ci ne tardent pas : camardes de classe, professeur de philo, et même son grand-père, qu'elle n'a jamais connu. Car la publication de la photo remue de vieux et terribles souvenirs : celui d'Eve-Marie, dont le corps avait été retrouvé sans vie dans la rivière, cette funeste année de terminale, et étranglée... par une cravate.

Mon avis

Palpitant de bout en bout, même si malheureusement un peu prévisible dans le dénouement, Le tueur à la cravate est un thriller assez classique : une enquête que l'on croyait bouclée remise sur le devant de la scène. Mais son originalité vient de cette réflexion qu'il offre sur la place qu'occupe aujourd'hui Internet dans nos vies quotidiennes : moyen de renouer des contacts ou de les entretenir, créateur de lien social tout étant vecteur de faux-semblants, entretenant des illusions de rapports humains. Ici, bien sûr, on va plus loin : qui se trouve derrière l'écran ? peut-on usurper l'identité de quelqu'un et jusqu'à quel point ? qu'est-il possible de réveiller, même avec les meilleures intentions du monde ? Et bien entendu, on retrouve dans ce tueur à la cravate tout le bonheur de lecture d'un roman de Marie-Aude Murail : des personnages attachants, une langue savoureuse et en prime, le journal de la création du roman, qui nous en apprend beaucoup sur le processus d'écriture. Pas le meilleur de ses romans, peut-être, mais ne boudons pas notre plaisir !