un_endroit_ou_se_cacher_10Résumé

Ce jour-là, Jenna, 15 ans, a cru voir quelque chose sur le pont : une forme noire, au milieu de la route, sans doute celle d'un animal. De panique, elle hurle et prend le volant des mains de sa mère. Peut-être. Ce "peut-être", c'est tout le problème. Jenna n'est plus très sûre de rien, ni de son geste, ni de ce qu'il y avait vraiment sur le pont. Car elle se trouve à l'hôpital, gravement blessée et à demi-consciente. Sa mère, elle, n'a pas survécu. Dès lors, comment vouloir sortir du brouillard confortable des analgésiques ? Car « dans le bleu », pas de culpabilité, rien que ce coma artificiel qui engloutit toutes les sensations, provoque l'oubli.

Pourtant, il lui faut bien quitter l'hôpital, changer de ville, de lycée. Dans ce nouvel environnement, il y a sa famille, désemparée face à son désespoir tenace et sa révolte, il y a Crow, séduisant et mystérieux, et la sulfureuse Trina, qui la prend sous son aile, pour le meilleur, le pire peut-être. Reste alors une lutte de tous les instants, contre elle-même, sa mémoire, et pour réapprivoiser un monde où il manquera désormais toujours une personne...

Mon avis

L'écriture de Joyce Carol Oates est percutante, toujours. Jamais de fioritures, pas d'embellissement inutile de la phrase, pas de détours. Des mots taillés dans le vif. Cela m'avait surprise, peut-être même un peu gênée, quand j'avais lu Sexy, car cela avait créé chez moi une sorte de distanciation vis à vis du personnage principal. Mais pas ici. Au contraire, on développe rapidement une empathie totale pour l'héroïne. Un endroit où se cacher est un grand roman, dur et poignant, qui aborde le deuil, l'adolescence révoltée, ces limites que l'on franchit pour mieux tester ses propres forces, et qui nous parle, surtout, d'une renaissance.